A Thousand Miles

Dates
Vernissage
Adresse
Artistes
01/12/2016 – 05/01/2017  
01/12/2016 18h-21h
Galerie Liusa Wang (15 boulevard Saint-Germain 75005 Paris)

 

 

Ayant fait leurs débuts prometteurs dans l’arène artistique hexagonale en 2015, XIE Yuning et GUO Donglai, artistes que nous avons connus et aimés de leurs expositions respectives Le Monde Saha et En un Clin d’Œil tenues dans notre galerie, reviendront ce décembre pour nous dévoiler conjointement leur nouvelle exposition collective A Thousand Miles, dans laquelle nous serons confrontés à leurs dernières œuvres inspirées d’une « odyssée » des artistes de Pékin jusqu’au cœur du Tibet.

Les deux artistes nous ramènent des œuvres qui ont témoigné de la nuit tibétaine la plus profonde et des montagnes himalayennes les plus solennelles. Ce sont des œuvres qui portent en elles le paysage de l’éternité. Les artistes en leur chemin de « pèlerinage », non pas vers les dieux dont on se demande encore l’existence, mais vers une sorte de « sacré » enfoui au tréfonds de l’inconnu – une « grâce » qu’on nommera aujourd’hui la rencontre, le souffle ou l’illumination.

Toujours passionné par la sagesse bouddhiste, GUO Donglai inscrit son chemin dans un rituel privé. L’installation que l’artiste fabrique pour ce trajet – un caillou figé dans une colonne résinière transparente – évoque un état de flottant, d’équilibre et de sérénité. De la capitale au « cœur du monde » (le mont Kailash), à chaque lever et coucher de soleil, l’artiste en enregistre l’altitude, longitude, latitude, la température et l’atmosphère. Cette pierre en tant que symbole objectivée ainsi dans ces chiffres rigoureux qu’on se donne pour mesurer la Nature, tout comme ce déplacement du corps physique en tant qu’arpentage spirituel de la distance entre le « Ciel/Tibet » et la « Terre/Pékin ». C’est là où s’entrecroiseront de manière concordante les règles inventées et la spontanéité « divine ». GUO cherche à reconnaître, à travers ce pèlerinage terrestre, la Nature que l’on croit naïvement déjà connaitre.

Le chemin de XIE Yuning se trouvait alors orienté par le « son » : le ruissellement et le vent que nourrit ce plateau millénaire, le vacarme à l’ancien marché des minorités, le petit air nocturne que fredonnait un jeune Tibétain. C’est plutôt l’immensité du cosmos qui murmure à l’oreille de l’artiste. Les installations sonores ainsi que les images que XIE conçoit pour sa nouvelle série de peintures porcelaines dès son retour du Tibet retracent cette « route céleste » qu’elle a suivie à la recherche d’une « épiphanie » au sens existentiel, d’un « eurêka » artistique.

Les artistes ont tous les deux choisi un langage laconique pour exprimer l’infinité et la fécondité qu’ils ont pu recueillir et s’assimiler au long du voyage. Si l’apparence de leurs œuvres semble poursuivre, comme toujours, des traits « poétiques », cela sera un terme trop léger pour mettre en lumière le poids de métaphore et de méditation que les artistes confèrent à leurs œuvres – lesquelles qui nous font traverser le Monde Saha en un clin d’œil.